Tous les articles taggés : Paris

Juicerie : la cantine à jus vraiment saine

Il est assez difficile de trouver une bonne cantine saine à Paris. Oui oh, je vous vois rugir derrière votre écran, amateurs comme réfractaires « quoi, elle déconne, y’a QUE ÇA ! Fréquenté par les barbus sur roulettes et midinettes aseptisées ». Laissez-moi vous démontrer mon point en quelques paragraphes, que les pressés allergiques aux digressions pourront sauter (rendez-vous plus bas). Détrompez-vous, certes la nourriture saine a envahi la capitale, décorée de carrelage immaculé ou pierres apparentes gagnées par les plantes murales, et c’est une bonne nouvelle car cela signifie que les parisiens s’intéressent à l’origine des produits, à leur peau et leur énergie, à la planète et future vie de leurs petits enfants. Les anciens banquiers-avocats-pubards étant bien souvent ceux qui ont le courage de se lancer, on croise de bien jolies histoires derrière les comptoirs. La contrepartie malheureuse est que le porte-monnaie trinque bien souvent, ce qui peut avoir le don d’agacer les fauchés et les ennemis du bio et autres amoureux du kebab authentique (c’est-à-dire à l’hygiène plus que douteuse, aromatisé aux miasmes de celui qui compose le sandwich) …

Jeanne B : déjeuner ensoleillé et caché dans un recoin des Abbesses

  Un dimanche d’été indien*, alors que vous flânez au soleil, l’envie de se sustenter se fait sentir. En bon habitué de la jolie Paris, vous vous dites qu’avec un temps pareil, l’espoir d’un déjeuner « en terrasse » parait bien illusoire. Puis, alors que vous osez à peine le caresser (l’espoir, ‘suivez ?), la voilà qui vous tend les bras, dans une rue courbe des Abbesses, tout en haut, là où c’est calme et chic, près de l’hôtel particulier, rue Lepic.     Jeanne B. est un bistrot de terroir français, d’ouverture récente de de bonne facture (petite sœur de Jeanne A, plus à l’Est). La carte nous parle plutôt viandes et poissons, normal pour une auto-baptisée « rôtisserie », alors même que son nom et design semblaient dire le contraire. Pas une graine donc, ni de jus d’herbe pressé à froid ou autres délires veggie-vegan (ne nous méprenons pas, j’adore ça). La carte est courte et changeante mais conserve ses classiques.     Pour lui, le poulet, pour moi la salade de saison, bien sûr. On me laisse …

Gravity bar : talentueux cocktails, vins et petites assiettes dans le 10ème

C’est la rentrée, qui brasse avec elle son torrent de nouveaux lieux à tester, re-tester, investir, épuiser… Parmi lesquels, on peut noter le récemment ouvert Gravity bar. Au programme : cocktails, vins et petites assiettes au grand talent, signée de la main du chef montréalais Frédéric Boucher (je tairai le surnom dont une certaine élite des bars parisiens l’affuble ;)).   Le pitch. Retrouvailles post vacances entre copines, budget : néant, appétit : absent, forme : minable. Certes je vais vous parler des super cocktails et produits, du génie des compositions gustatives et du cadre design et sympa, mais laissez-moi surtout insister sur l’ambiance et en particulier la sympathie de l’équipe. Ok, y aller avec une déjà habituée peut aider, mais tout de même rares furent mes escapades aussi bien accueillies. Et ce alors même que j’étais dans un coma des plus profond. Derrière le bar, une équipe rodée et complice composée de Michael Mas, barman passé par l’ECC group, entrée des Artistes et plus récemment Mary Céleste, Marc Longa, ex-« pubard » reconverti, et enfin Richard Permin, un troisième …

J’ai dîné chez Marcel et Clémentine. C’était très sympa.

_ T’as fait quoi hier soir ? _ J’ai dîné chez Marcel et Clémentine, tu les connais ? Un couple bien dans son époque. Prénom stylés (désuets sur le retour) qui évoquent tout à la fois un barbu à bonnet et la douceur ultime d’une confiture de grand-mère (les ressentis sont personnels). Bref, j’ai dîné chez eux. Leur intérieur ? Super agréable : de l’espace, des tables de toutes les tailles, bien dressées, n’attendant que le mangeur. La déco est vraiment chouette, même si peu de suprises : un bar central, lumières tamisées (papa lisait mal la carte), murs style retro british qui rappelle la Compagnie des Vins Surnaturels et le Fish Club, ou encore la Conserverie. Ah, et ils ont opté pour une cuisine ouverte, c’est sympa, on peut voir son plat arriver. La carte ? Oh tu sais, assez classique avec des touches d’originalité. Ça ne veut rien dire ? C’est pas faux. En gros c’est de la gastronomie française, non « revisitée » ni même sous influences asiatiques. Promis. En entrée, j’ai pris le plat qui …

Appie : la preuve que le cidre revient en force !

Sans trop savoir pourquoi, j’ai développé depuis une petite année une sorte de passion pour le cidre. Doux et brut, et surtout en bouteille individuelle. Peut-être happée par un marketing discret, je me tournais vers la boisson bretonne pour abreuver ma soif au goûter (oui bah quoi, c’est du jus de pomme qui pique) ou pour un apéro léger lors de chaleurs. Mon flair fut bon : le cidre arrive bel et bien sur nos étals, affranchi de ses galettes. Il faut dire que pour l’été, il constitue une formidable alternative alcoolisée à la bière pour les gluten-free et simplement les non-amateurs. Les bars vont devoir s’y faire. Jusqu’ici, le grand public connaissait surtout deux marques phares, mon petit doigt me dit que les nouveautés vont pleuvoir, à coups de recettes adaptées et design travaillés. J’ai notamment pu découvrir « Appie », le petit parisien tout beau tout neuf, lors d’une soirée de lancement à l’Institut Suédois. Appie est un cidre léger, légèrement moins sucré que ceux que l’on connait grâce à une pointe de poire venant taquiner la …

Les Parigots, mon QG

Il est temps je crois, Ô oui grand temps, que je parle de mon QG, mon amour de bistrot parisien. Les Parigots, c’est la bonne pioche, c’est le repli sécuritaire, c’est une bulle d’amour sans mauvaise surprise. Je l’ai testé maintes fois pour dîner, pour déjeuner… pour une planche ou la soirée, pour un festif apéro de groupe ou un rendez-vous intimiste, entre potes, avec le boss, avec la meilleure copine, avec le petit ami de courte ou longue durée, avec papa et belle-maman… et même en blind date. Non vraiment, les Parigots, que du bonheur, que de l’amour. Une déco bistrotière classy, tamisée et originale : étagère blindée de bouquins, chaises en bois et tout le tralala. Des serveurs qui ont du chien, des jolis yeux et un discours sympa sans chichi. Le mauvais service en moins : c’est le bistrot parigot idéal. À la carte du classique : du bœuf sous plusieurs formes (tartare, côte, mastodonte pour deux), le poisson du jour et sa fondue de poireaux, la burrata en entrée ou le plus …

Elle est vraiment chouette, La Paulette

  Le truc chouette avec les coups de coeur, c’est qu’on ne les voit pas venir, par essence. J’ai trainé de nouveau la patte du côté du « Haut Marais », rue de Bretagne. Pas même pour voir ce qu’il s’y passait, simplement en atterrissage inopiné suite à quelques errances depuis l’autre marais (celui dans lequel une promenade top less en mini short ne ferait broncher personne). Bref, nous arrivons donc rue de Bretagne, et à quelques pas du trop usité Charlot, la Paulette nous tend les bras. Lundi soir, petite terrasse vide, le tout est calme et apaisant, ce qui doit être exceptionnel. Mon partenaire du soir ayant recommandé le lieu, je m’assois sans même broncher (ce qui est rare, croyez-moi). Entre les assiettes du jour et les plats classique d’une carte de bistrot, mes yeux bien dressés repèrent la burrata de 300g, les salades et floutent naturellement le reste (la viande, les plats d’hommes, etc). Ce qu’il faut retenir de la carte de la Paulette, c’est qu’elle change tout le temps. Pas juste d’un jour à l’autre, …

John Weng, le bistrot asiatique

L’équipe de l’américain Lefty (pourvoyeur de burgers et salade César de la rue Vivienne, 2ème) a migré vers l’Orient (non sans conserver une touchette d’oncle Sam vous le verrez). Un virage à 180°C puisque le premier n’est plus, et que le second a (et aura de plus belle) quelques clones.     Dans le far 10ème pour commencer, l’asiatisant « John Weng » est né. Nems fins, soupe coco, gyosas, bo buns, mais aussi « cromesqui » de quelque chose et autres épices font le jeu de ce bistrot joliment décoré et tamisé rue du Faubourg Poissonnière, offrant au passage la solution au dilemme « asiat’ ou cadre sympa et bon vin » ? Si je n’avais pas eu tellement l’occasion de copiner avec les garçons du Lefty (passant pourtant mes journées juste en face, mais no-burger diet oblige), j’ai été plus qu’agréablement surprise par leur chaleur, alors que j’attendais mon compagnon (plus de 20min, pour une phobique de l’attente, c’est dire). On me reconnait (joli !), on me propose de « goûter » le vin avant d’ouvrir la bouteille commandée à l’aveugle. «Vous aurez …

Le Châteaubriand : Aw man!

Enfin ! Il m’aura fallu une ride en plus et un Papa dévoué pour goûter aux plaisirs simplement divins du Châteaubriand. Il rejoint Abri dans mon petit cœur de gourmande-gourmette. Bon, n’ayez pas comme moi l’idée stupide de grignoter avant d’y aller parce que, c’est bien connu, on a faim en quittant la table dans ce genre de resto. Mha-ha, bien fait, idiote. Pour dîner chez le maître des bistronomes parisiens, pas d’autre choix que le menu à 60€. Bien sûr, si vous êtes végétarien, allergique ou simplement pénible, vous aurez droit à un menu adapté. Pensée pour nos voisins, qui ont décroché ce soir-là la palme : ni viande, ni poisson à écailles (wtf ?), ni gluten svp. La salle est sobrement belle, le peuple est là (même un ex candidat de Top Chef), appétissant, nous sommes un peu serrés mais trop excités par le repas qui s’annonce pour s’en soucier. Le service est aimable, sans être excessivement chaleureux, mais là encore, c’est le cadet de mes soucis. Rien ne peut m’atteindre, J’AI FAIM. La farandole commence, …

La Conserverie a changé de chef, et c’est cool

CHAPITRE I. J’ai connu La Conserverie en 2010, et ai immédiatement su que notre relation serait belle mais parsemée d’embuches. Un bar-resto chic très fifties installé dans une ancienne fabrique de tissu du Sentier. Un lieu plein de promesses. La déco, restée identique depuis, témoigne des années Madmen,  lorsque le thème année 1950 faisait fureur, celui que j’ai choisi pour y fêter mes 25 ans, au sous-sol alors réservé pour l’occasion. Si cette soirée s’acheva étrangement par une crise de larmes sur la bougie de la petite tarte au citron adorablement offerte par le patron des lieux, j’en garde néanmoins un bon souvenir. Le hic à l’époque résidait dans les prix un poil excessifs pour les vieux étudiants que nous étions. Ils passent nettement mieux aujourd’hui (chômeurs et freelances, sans rancune). La sélection des vins et les cocktails étaient bonne, mais les planches et les fameux plats de « conserves » (oh hey d’où le nom), ne m’ont laissé aucun souvenir. Mauvais signe. CHAPITRE II. Tout ceci est révolu, car la cuisine poursuit aujourd’hui les inspirations chiquées de Simone …